Les Mayas, de la splendeur à la misère.

MayasLes descendants des Mayas vivent discriminés, exploités et démunis, dans un frappant contraste avec le passé de ce peuple autochtone, autrefois représentants d’une puissante civilisation dont l’héritage a eu un impact mondial sur la science, l'astronomie, l'architecture et l'art.

La fin du long cycle de 5200 ans du calendrier maya et l'amalgame avec une prétendue prophétie apocalyptique ont fait que le monde et les opérateurs touristiques ont redécouvert en ce mois de décembre (mais une fois de plus uniquement comme un objet de curiosité et une source de profit) les descendants du grand empire mésoaméricain.

La civilisation maya comprenait les territoires actuels du Guatemala, du Belize, du Honduras, du Salvador et cinq états du sud-est du Mexique. Aujourd'hui, il reste des descendants directs des Mayas dans différentes régions mais principalement au Guatemala où ils préservent leurs coutumes et leurs langues.

Même s’ils étaient déjà entrés dans une période de déclin vers 1200, c’est sous la colonisation espagnole trois siècles plus tard que les Mayas furent amenés à des conditions de vie précaires, asservis et privés de leurs terres. «Historiquement, la population indigène a été considérée comme de la main d’œuvre bon marché (...) et ça continue à ce jour. Elle est considérée comme un outil de production (...) et est marginalisée des politiques publiques », comme le rappelle le guatémaltèque Alvaro Pop, expert indépendant de l’ONU pour les questions autochtones.

Cinq siècles après la « conquista », les communautés autochtones guatémaltèques sont les plus en retard et ne bénéficient pas d’un accès égalitaire à l'éducation, à la santé ou aux services de base par rapport au reste de la population, majoritairement métisse. De plus, leurs langues originelles ne sont pas officiellement reconnues dans le pays. Seul l’espagnol l’est.

En plus d’être marginalisés, les peuples autochtones ont été victimes d’une politique d'extermination pendant la guerre civile guatémaltèque de 1960-1996.

Au début des années quatre-vingt, au milieu de cette répression systématique, l’autochtone Rigoberta Menchú a fait irruption au premier plan. Sa dénonciation des massacres lui a valu le prix Nobel de la Paix en 1992.

Rigoberta Menchú a déclaré qu’au prétexte d’homogénéiser la population, il y a eu une tentative d'anéantir la spiritualité maya. En effet, pendant les opérations militaires, des guides et des prêtres autochtones ont été assassinés, cassant ainsi des « chaînes » sacrées qui « avaient traversé des milliers d'années ».

Aujourd’hui, la région qui fut autrefois l’empire Maya est remilitarisée dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic et les descendants de cette civilisation sont expulsés de leurs terres au bénéfice de projets hydroélectriques, de mines à ciel ouvert ou de monocultures destinées à l’industrie comme, par exemple, la palme (africaine) pour la fabrication d’huile.

Cependant, et loin du tapage mediatico-commercial autour de la date du changement d’ère dans leur calendrier, lors du solstice de décembre, les Mayas célèbrent leurs cérémonies rituelles pour une renaissance de leur culture, sans discrimination ni haines.


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